» Les Justes  » d’ Albert Camus

Lazzi Serpolet Théâtre et Théâtre des 33

présentent

LES JUSTES

d’Albert Camus

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

L’histoire

La pièce Les Justes se déroule à Moscou, en 1905. On y retrouve un groupe de socialistes révolutionnaires qui projettent d’assassiner le grand-duc Serge. Les membres du groupe se répartissent alors les différentes tâches afin de mener à bien leur mission : Boris Annenkov est le chef du groupe qui prend les décisions, Dora est chargée de la confection des bombes, Yanek de lancer la première bombe et Alexis la deuxième (préparée si la première action échoue). Après un premier échec, ils parviennent à tuer le grand-duc Serge, mais Yanek est arrêté et condamné à la pendaison. Le directeur de la police, Skouratov, lui propose alors de le gracier si celui-ci accepte de dénoncer ses complices. Mais l’engagement de Yanek est total et ce dernier refuse.

Albert Camus a écrit Les Justes en se basant sur des faits historiques survenus le 17 février 1905 : le groupe terroriste de socialistes révolutionnaires commet un attentat envers le grand-duc Serge. Dans ce même groupe, on retrouve Yanek, personnage principal de la pièce de Camus.

 

L’argument

Mise en scène pour la première fois en décembre 1949, au Théâtre Hébertot, cette pièce appartient au deuxième cycle des œuvres de Camus, celui de la Révolte. Apre, tendue et profondément lyrique, elle traduit son désir de créer une véritable tragédie moderne tout en croyant que l’époque s’y prêtait. En pleine guerre froide, Camus poursuit une réflexion sur la question de la violence qui s’impose à lui en termes de conscience intellectuelle et morale. L’antagonisme de deux notions positives, l’amour de la vie dans toute sa plénitude et la justice sociale, lui paraît alors essentiel.
La pièce s’écrit pendant la longue élaboration de
L’Homme révolté dont le chapitre « Les meurtriers délicats » sera consacré aux protagonistes des Justes. Dans la Russie de 1905 qui lui semblait surgir des Démons de Dostoïevski, Camus trouva ce qu’il cherchait: une sorte d’équivalent éthique pour parler de son temps. Au terrorisme, il assignait un caractère exceptionnel de « rupture » et lui imposait la notion de limite nécessaire. Impressionné par la mort héroïque des jeunes révolutionnaires russes, il rassemble sur eux une importante documentation iconographique et écrite. Le livre des souvenirs du célèbre terroriste Boris Savinkov lui fournit le sujet et les personnages, l’exemple d’une pratique de la violence liée à la responsabilité personnelle.

Camus n’écrit pas une pièce historique, son souci étant de « rendre vraisemblable ce qui était déjà vrai ». Il idéalise les personnages, en laissant dans l’ombre ce qui pourrait ternir leur image. D’autre part, il tient à réussir une véritable tragédie d’amour, d’une passion plus humaine que symbolique, même et surtout si cet amour doit rester impossible. L’opposition entre le devoir de servir la justice et le sentiment pour un être aimé ne laissera aux amants qu’une seule issue, « le sang et la corde froide ». Inséparable de Yanek, Dora est une figure essentielle de la pièce et manifestement le porte-parole de l’auteur. Comme dans une tragédie antique où l’hubris est puni, Dora, tout en restant fidèle à la cause révolutionnaire, est consciente de la démesure de leur entreprise et reconnaît la faute de la transgression.
Or, Camus ne conçoit pas de justice sans chance de bonheur. Dans la pièce, elle est présente sous deux formes – l’amour et le renoncement. Aux antipodes d’abord, les deux héros-idéologues, Yanek et Stepan, semblent se rapprocher à mesure que la pièce touche à son dénouement et laisse l’impression que Stepan a déjà effectué le parcours de renoncement dont les deux autres protagonistes prennent le chemin. Mais l’ultime aveu de Stepan Je l’enviais marque la victoire morale de Yanek sur le nihilisme. Or, Yanek mort dans le renoncement, il ne reste à Dora et à Stepan qu’à le suivre, ils se ressemblent tous maintenant.

 

Albert Camus

Ecrivain et journaliste français

1913 – 1960

Il n’a pas connu son père et a passé son enfance avec sa mère en Algérie. Sa santé (tuberculose) ne lui permet pas d’accéder à une carrière universitaire. Après une licence de philosophie, il devient journaliste engagé (parti communiste et Alger-Républicain), puis fut résistant.

D’une courte adhésion au parti communiste (1935-1936), Albert Camus retire une méfiance de l’endoctrinement et la certitude que la stratégie politique ne doit jamais prendre le pas sur la morale. En 1943, il rencontre Jean-Paul Sartre au journal « Combat ». Leur complicité intellectuelle durera jusqu’à la publication de « L’homme révolté », en 1951, Albert Camus refusant la conception marxiste de la révolution qui légitime l’utilisation de la violence et dénonçant les perversions de 1789 et 1917.

Albert Camus élabore une philosophie existentialiste de l’absurde résultant du constat de l’absence de sens à la vie. La prise de conscience de cette absurdité doit être considérée comme une victoire de la lucidité sur le nihilisme qui permet de mieux assumer l’existence en vivant dans le réel pour conquérir sa liberté. L’homme peut ainsi dépasser cette absurdité par la révolte contre sa condition et contre l’injustice.

Albert Camus met à profit son talent d’écrivain pour diffuser sa philosophie en adaptant la forme au sujet. Le roman symbolique et l’œuvre théâtrale sont utilisés comme moyens d’expression pour les idées et les doutes. « La Peste » (1947) est récit symbolique du nazisme qui envahit une ville. Albert Camus se tourne vers un humanisme sceptique et lucide pour lequel il convient avant tout d’être juste. Il est prix Nobel de littérature en 1957 et meurt dans un accident de voiture.

 

Scénographie-dramaturgie

Le texte d’Albert Camus sera légèrement modifié pour deux raisons principales :

d’une part pour inscrire le spectacle dans un rythme plus contemporain,

et d’autre part pour mettre l’accent sur le lien entre l’action et ses conséquences.

Ainsi, Il commencera par la fin de l’histoire, l’exécution de Yannek, décrite par un Chœur de théâtre.

Comme dans les tragédies, le dénouement sera annoncé dès le prologue. Nous pensons de ce fait que les spectateurs, concentrés sur les personnages et leur trajectoire, pourront plus facilement et plus intensément en saisir les motivations profondes.

La suite de l’histoire sera constituée d’allers-et-retours entre le cachot dans lequel est enfermé Yannek et la cachette des terroristes avant l’attentat. Les réflexions du personnage central lors de ses rencontres avec les personnages du cachot (un prisonnier de droit commun, le chef de la Police et la Grande Duchesse, veuve de la victime de l’attentat) viendront ponctuer la montée en tension du groupe de terroristes avant l’attentat.

Le passage d’une période à l’autre sera amenée par le Chœur, qui, dès l’ouverture du spectacle en posera les codes dramaturgiques. En outre, sa présence rythmera le déroulé de la pièce en apportant des indications temporelles et scéniques.

La scénographie permettra le passage d’un lieu à l’autre de façon très fluide.

Une structure mobile, manipulée en rotation sur elle même par le chœur en sera l’élément principal. D’un côté, elle représentera un échafaudage dans un appartement en chantier, la cachette des terroristes, dans lequel ils préparent l’attentat.

Sur l’autre face, il deviendra une sorte de lit superposé, créant l’effet d’un cachot.

Commun à ces deux lieux différents, quelques éléments resteront toujours sur scène, comme un brasero sur lequel chauffe un samovar de thé, quelques caisses et une lucarne qui relie les deux lieux avec l’extérieur.

Un objectif pédagogique

La mise en scène reste fidèle au texte de Camus et à son esprit, tout en bousculant l’ordre de la temporalité dans une conception tragique. Elle met en avant l’intensité du jeu et des situations pour donner vie à la réalité des enthousiasmes, des effrois, du découragement, de la fraternité et des affrontements au sein du groupe des révolutionnaires. Pour des élèves, ce sera l’occasion de mesurer les rapprochements et les différences avec les ressorts de la tragédie classique du XVII°S, dont l’étude fait partie des quatre objets d’étude de la classe de français. Davantage encore, surtout s’ils ont auparavant étudié le texte de Camus en classe, les élèves pourront mesurer les écarts entre le texte théâtral publié et sa représentation, qui exige une seconde écriture du metteur en scène : « L’objectif est de faire découvrir des œuvres théâtrales qui renouvellent les formes classiques étudiées, mais aussi de sensibiliser les élèves à l’art de la mise en scène, notamment dans sa capacité à enrichir l’interprétation. La réalisation scénique déterminant profondément l’écriture des textes dramatiques et permettant d’en faire jouer pleinement les effets, on s’attache à faire percevoir aux élèves les interactions entre texte et représentation. »

Dans la continuité du spectacle « Gloire A ?… » sur 14-18 et le devoir de mémoire, qui a été joué une petite centaine de fois, en milieu scolaire et en tout public.

Nous envisageons de proposer  «  les justes «  dans les mêmes types de programmations.

La langue d’ Albert Camus, la jeunesse et l’engagement des personnages, le dynamisme que nous voulons donner à la mise en scène nous semble un atout pour rencontrer ces différents publics.

Calendrier prévisionnel

A partir de février 2018, début des répétitions

Eté 2018 résidence de finalisation du travail d’acteurs

Automne 2018 début de réalisation de la scénographie-dramaturgie

Novembre 2018 Résidence « Intégration du jeu dans la scénographie », répétition en décors, costumes, lumières et musiques.

De décembre 2018 à février 2019 fin des répétitions avec mise en place du décor.

8 mars 2019 première représentation au festival Lézard’hiver à la MJC D’espaly St Marcel (43)

du 25 au 29 mars série de représentations scolaires et tout public au théâtre Mayapo du Puy en veLay

30 mars représentation à la salle des fêtes de Cunlhat.

Nous sommes en contact avec divers communautés de communes et structures pour

tourner ce spectacle : centre culturel le Bief , ville de Thiers, pays de Mauriac, ville de Besse

DISTRIBUTION

Comédien professionnels

Hervé MARCILLAT

Sylvain MARGARIT

Lucas MARGARIT

Elizabeth PAUGAM

Comédien amateurs

Alain BOSDECHER

Christian DUMAS

Minna-Violette ROVIDATI

Marin TENDILLE

Mise en scène

Hervé MARCILLAT

Scénographie

Denis CHARLEMAGNE

Assistants décors

Jean Pierre SURREL

Lumières

Jérôme TOURNAYRE

Costumes

Denis CHARLEMAGNE

Créations musicales

Lyonnel BOREL